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Boulevard Pierre Mayence


Ancien « Boulevard Extérieur » et « Boulevard de l’Est », l’artère fut tracée vers 1880 sur les terrains libérés des anciennes fortifications. Le 3 octobre 1898, les autorités communales décidèrent de lui donner le nom de « Boulevard Pierre Mayence », en hommage à ce notable carolorégien.

L'ancienne Caserne de Gendarmerie (détail carte postale ancienne, éditeur inconnu)

Pierre Mayence naquit à Charleroi le 3 octobre 1779 et y demeura toute sa vie. Rentier, fils d'un bourgeois de la ville, Pierre Mayence s’impliqua fortement dans la vie quotidienne de sa cité: il fut notamment président du Bureau de Bienfaisance de Charleroi, marguillier de la paroisse, et président de la Fabrique d'église de la Ville-Haute. Ses dons permirent d’édifier une nouvelle chapelle pour abriter Notre-Dame au Rempart (actuelle Eglise de la Dormition). Il décède en célibat à Charleroi le 18 janvier 1867, rue de Bruxelles (rue Neuve), à l'âge de 87 ans ; il désigne le Bureau de Bienfaisance de la ville comme légataire de sa fortune.

La partie sud du Boulevard Pierre Mayence est bordée entre autres par les bâtiments de l’Athénée depuis 1887 ; l’ancien Collège communal promu au rang d’athénée en 1881 prend alors possession de ses nouveaux locaux. Un peu plus au nord se situent des annexes de la Caserne Trésignies, érigées avant 1940. La Police locale de Charleroi y avait ses bureaux jusqu’en 2014.

Au nord-est du Boulevard se situe l’ancienne Caserne de Cavalerie, connue sous le nom de Caserne Defeld. Erigée en 1887, la caserne est flanquée d’un porche d’entrée aux allures de château moyenâgeux, avec ses tours et tourelles crénelées. Lors de la construction, durant des travaux de terrassements, un cimetière gallo-romain est mis à jour ; des urnes destinées à recueillir les cendres des défunts, des fibules, des pièces de monnaie, des soucoupes, des cruches, des tessons, une bague chevalière sont notamment découverts.

Les gendarmes qui sont installés dans la caserne sont rejoints ultérieurement par un régiment d’artillerie. En 1914, la 15ième brigade mixte s’y trouve ; elle quitte Charleroi le 3 août 1914 pour se porter en direction de Liège afin de contrer l’envahisseur allemand. Les 61, 62 et 63ème Batteries d’Artillerie y sont intégrées, sous le commandement du Major Defeld, qui donnera son nom au lieu.

Le haut du boulevard Mayence, et l'ancien hôpital civil en arrière plan

Durant la première guerre mondiale, des patriotes sont exécutés dans l’enceinte de la caserne. Un « Mémorial aux fusillés » y est inauguré en juillet 1922. Un cortège composé de plus de cent sociétés de prisonniers politiques, déportés, invalides et combattants partent de la Gare de Charleroi-Sud pour rejoindre la caserne. Une plaque commémorative y est dévoilée, à quelques mètres de la cour où 17 belges et français furent fusillés pendant la première guerre. Les allemands ordonnent l’enlèvement du mémorial durant la seconde guerre mondiale ; il est néanmoins replacé après la Libération.

Dans l'entre-deux-guerres, les terrains non encore bâtis du boulevard se bordent de belles maisons, érigées selon les plans d'architectes régionaux reconnus, notamment Marcel Depelsenaire et Léon Coton.

La nuit du 17 au 18 août 1944, en représailles à l'assassinat par la Résistance du bourgmestre rexiste de Charleroi Oswald Englebin, des rexistes massacrent 19 notables de la région, hommes et femmes, dans les caves d'une maison de Courcelles. Au lendemain de la guerre se déroule le procès des responsables de la « tuerie de Courcelles ». Le 10 novembre 1947 à l'aube, 27 rexistes ayant pris part au massacre sont fusillés dans l'enclos de tir de la Caserne de Gendarmerie de Charleroi.

Le Boulevard Mayence fut un temps présenti pour accueillir l'Institut du Verre ; c'est finalement sur la Plaine des Manoeuvres que l'Institut fut érigé.

Les différentes cavaleries de la gendarmerie belge sont centralisées après la seconde guerre mondiale dans différents groupes mobiles ; la Caserne Defeld accueille celui de Charleroi. A travers le pays, les différentes unités de cavalerie sont néanmoins progressivement supprimées, jusqu'à aboutir finalement à leur centralisation à Bruxelles en 1986.

Le nouvel Hôtel de Police de Charleroi

En 1999, la compagnie « Charleroi/Danses » investit les anciennes écuries de la gendarmerie ; une nouvelle salle de spectacle naît à Charleroi : Les Écuries.

En 2001, la réforme des polices démantèle la Gendarmerie. Les anciens gendarmes rejoignent leurs collègues policiers au sein du commissariat de Charleroi, installé dans les annexes de l’ancienne Caserne Trésignies, plus au sud sur le boulevard Pierre Mayence. Ces locaux se font cependant vieillissants, et décision est prise d’ériger un nouveau commissariat.

Après de longues discussions et recours, le porche de la Caserne Defeld est finalement rasé en 2012 ; au centre des bâtiments de l’ancienne caserne, désormais ouverts sur le boulevard Mayence, est érigé le nouveau commissariat de la Police de Charleroi, tour de 75 mètres de haut dessinée par l’architecte Jean Nouvel, et inaugurée le 14 novembre 2014. D'anciennes galeries souterraines de la forteresse hollandaises sont mises à jour lors des travaux de construction.

Dans la foulée, le centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles Charleroi/Danses repense également ses installations, toujours en collaboration avec Jean Nouvel. Une nouvelle entrée, trois nouveaux studios, six logements et une terrasse sont notamment aménagés sur le site.



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