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Statue d'Yvonne Vieslet


Commune : Monceau-sur-Sambre
Type : Statuaire
Localisation physique : Voirie
Année/période d'inauguration : 1956, 2009 pour la copie
Type de commémoration :Personnalité/Notable
Artiste(s)/auteur(s) : Patris pour l'oiginale, Fabrice Ortogni pour la copie
Coordonnées : 50.412079 N, 4.3827264 E

 

DESCRIPTION

Le 12 octobre 1918, la petite Yvonne Vieslet accompagne sa mère afin d’apporter son repas à Emile Vieslet, son père. Arrivées route de Châtelet à Marchienne, elles passent devant le Cercle Saint-Edouard, en bord de Sambre. Dans la cours du Cercle sont rassemblés des soldats français, gardés par des soldats allemands. La fin de la guerre s'annonce, et les allemands sentent que la défaite est proche ; l'atmosphère est tendue, les soldats français sont épuisés et affamés. Priorité est donnée aux allemands pour s'alimenter.

Plusieurs passants observent la scène, personne n'ose s'approcher suite aux injonctions des allemands. Une sentinelle tient son fusil sous le bras, comme avertissement.

Les faits relatés renseignent qu'Yvonne, qui n'est toujours qu'une enfant, s'approche et lance sa couque aux prisonniers. Le soldat tire : la balle touche Yvonne grièvement. Quatre autres personnes sont également blessées. Yvonne est rapidement transportée dans une maison du voisinage, et ensuite transférée à l'hôpital civil de Marchienne où elle décède le lendemain à 11h, soit presque 24 heures après les faits.

Claude Daubanton, dans "La Royale Feuille d'Etain de Marchienne-au-Pont", relate ces faits, sous un autre angle, basé sur les dires d'un témoin. Une certaine tension régnait sur place. Derrière la grille du Cercle, une sentinelle surveillait des prisonniers situés une trentaine de mètres plus loin ; de l'autre côté de la grille, sur la chaussée, un petit groupe de personnes observe. L'un des membres du groupe lance derrière les grilles une miche de pain, qui atterrit dans la cour, entre la sentinelle et les soldats français ; un prisonnier tente de récupérer le pain, mais il est refoulé par la sentinelle de manière violente. La tension monte, et certains passants invectivent l'allemand. Pour tenter de calmer la foule, le soldat allemand met baïonnette au canon ; la foule ne se calmant pas, il tire à un moment un coup à l'aveugle à travers la grille en direction de la rue. La balle atteint Yvonne. Selon les témoins de cette version, jamais Yvonne n'a tendu sa couque aux prisonniers français ; les faits qui se sont déroulés ont été relatés après-guerre de manière orientée. Le soldat auteur du geste aurait demandé à son frère à sa mort de retourner sur les lieux pour s'excuser de son geste auprès des Vieslet.

Au lendemain de la guerre, différents bâtiments et rues sont baptisés de son nom, et plusieurs mémoriaux lui sont érigés, notamment à Monceau-sur-Sambre.

Un mémorial est assez rapidement érigé après les faits dans le préau de l'école de Monceau que fréquentait Yvonne ; une enfant rieuse y est représentée, tendant un biscuit. Une légende le complète : « A la petite Vieslet Yvonne, élève de cette école, tuée le 12 octobre 1918, à l'âge de 10 ans, par une sentinelle allemande, pour avoir osé offrir sa couque scolaire, à travers le grillage, à des soldats français prisonniers »1.

Estimant les mémoriaux à Yvonne ostentatoires, les allemands les font détruire durant la Seconde Guerre mondiale. Le monument de Marchienne pourra être réédifié après la guerre, les ornements ayant été conservés. De celui de Monceau par contre, il ne reste rien.

En 1956, une statue à la mémoire d’Yvonne Vieslet est érigée à l’initiative de la section de Marchienne-au-Pont de la Fédération nationale des combattants. L’œuvre en bronze, réalisée par le sculpteur Ernest Patris, est placée devant l’école qu’Yvonne fréquentait, rue Albert Camus à Monceau-sur-Sambre. Yvonne y est représentée tendant sa couque à travers la grille de l'école, veillée par la Conscience.

La statue réalisée par Patris en 1956 est dérobée par des trafiquant de métaux en le 12 février 2007 ; il ne reste du monument que la grille et la statue symbolisant la Conscience. En 2009, grâce à l'intervention du comité de quartier et de la ville, une nouvelle statue à l'identique est commandée au gosselien Fabrice Ortogni. La nouvelle statue d'Yvonne, en polyester, est inaugurée le 16 juillet 2010 et replacée au même emplacement. A l'occasion des commémorations de la fin de la première guerre mondiale, la statue est rénovée par son auteur.

NOTES : 

(1) : Gazette De Charleroi (La), 16/06/1921

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Statue de Yvonne Vieslet
Rue Albert Camus
6031 Charleroi (Monceau-sur-Sambre)

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