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La Neuve-Eglise


Les « rivalités » entre la Ville-Haute et la Ville-Basse ne sont pas neuves ! Elles remontent à la fondation de la Ville-Basse par Vauban, de l'autre côté de la Sambre, sur le territoire de Marcinelle. Lacoste en dessine les plans à partir de 1672.

 

D'un point de vue religieux, les habitants de Charleroi Ville-Haute et Ville-Basse ne dépendaient alors pas du même Diocèse. Ceux de la Ville-Haute dépendaient du Diocèse de Namur, et pouvaient se rendre à la Chapelle Royale, au centre de la forteresse, pour prier. Ceux de la Ville-Basse dépendaient du Diocèse de Liège. La Ville-Basse abritait bien la Communauté des Capucins, mais elle ne possédait pas d'église propre destinée aux fidèles ; ceux-ci devaient se rendre jusqu'à Marcinelle par des chemins peu praticables les jours de pluie. Et encore, ils ne pouvaient s'y rendre que la journée, la forteresse étant fermée la nuit.

Extrait de l'Atlas de Ferraris. La Ville-Basse de Charleroi, vers 1777. On distingue à gauche le Couvent des Capucins et ses jardins. La Neuve Eglise se situe le long des remparts sud, a l'extrémité de la rue Puissant d'Agimont

Les curés de la Ville-Haute officient à la Ville-Haute et à l'Entre-Ville, où sont logés les militaires. Certains d'entre-eux sont cependant logés à la Ville-Basse, et les curés de la Ville-Haute s'y rendent de temps à autres afin de les assister, mission qui fut confiée à l'église de la Ville-Haute. Mais les incursions des curés de la Ville-Haute sur le territoire de la Ville-Basse violaient les intérêts du curé Dandoy de Marcinelle. Ce dernier entendait bien imposer son autorité sur la Ville-Basse : il ira jusqu'à obtenir l'interdiction aux habitants de la Ville-Basse d'avoir recourt à un curé de la Ville-Haute.

 

Lorsque les habitants de la Ville-Basse découvrirent que les curés de la Ville-Haute ne se rendaient plus à la Ville-Basse, ils décidèrent de se soustraire à l’autorité du curé de Marcinelle, et de former une paroisse nouvelle en construisant à la Ville-Basse une église pour leur communauté ; il s'agissait avant tout pour les habitants de se soustraire à l'autorité du curé de Marcinelle, en érigeant la nouvelle église en paroisse, et en la faisant passer au Diocèse de Namur. Le roi Philippe V d'Espagne accorde en 1709 aux habitants l'autorisation de « faire construire une neuve église dans la Ville-Basse ».

 

L’édifice est bâti dès 1711 sur un terrain situé près des remparts sud de la Ville-Basse, au bout de l’actuelle rue Puissant d'Agimont. Le curé Dandoy souhaitant réaffirmer à nouveau son autorité obtient du Prince-Evêque de Liège l’autorisation de translater le siège de sa paroisse dans la nouvelle église en construction. En 1729, il se rend en procession jusqu'à l'édifice afin de le bénir. Le gouverneur de la forteresse non informé de cette procession, décime le cortège, empêchant Dandoy d'arriver à ses fins.

 

Si les habitants montrèrent un empressement certain à l'érection de leur paroisse, celle-ci ne fut cependant probablement jamais terminée, voire meublée. Des traces écrites la renseigne en 1778 comme servant de dépôt de biens et de marchandises pour la ville. Avant la fin du XVIIIième siècle, il n'en reste plus rien. La présence de l’église va donner à la rue son nom de rue de la Neuve Eglise ; elle deviendra par la suite rue Puissant, et par après rue Puissant d'Agimont.

 

Les querelles religieuses entre Ville-Haute et Ville-Basse prendront fin lorsque la Ville-Basse sera érigée en paroisse en 1804. Cette reconnaissance nécessitera la construction d'une nouvelle église, l'Eglise Saint-Antoine de Padoue, remplacant l'ancienne et vétuste Eglise des Capucins.



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