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de Charleroi
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Le Piano De Heug


Le nom De Heug fut longtemps synonyme de qualité dans le monde des facteurs de pianos. L’entreprise familiale ne fut active qu’un peu moins d’un siècle, mais sa renommée dépassa largement la région.

Les magasins De Heug, Place Verte à Charleroi

La société fut fondée par Pierre De Heug (né en 1867 à Uccle et décédé à Marcinelle en 1932) à Marcinelle en 1892. Installée dans un premier temps rue des Hauchies, elle déménage en 1895 pour cause d’agrandissement à la Grand’Place de Marcinelle (ancien numéro 362, actuel numéro 9 ; Gazette de Charleroi, 15/04/1895).

Les pianos De Heug rencontre rapidement le succès ; la société est récompensée à plusieurs reprises pour la qualité de ses instruments. En 1895, elle expose à la première Exposition Internationale de Charleroi : « Notre concitoyen présente un piano fort joli d'aspect et de sonorité remarquable. Le mécanisme semble ne rien laisser à désirer, touche très facile ce qui est autant précieux que rare pour les pianos peu coûteux comme le sont ceux De Heug. Les pianos de cette marque offrent donc de nombreux avantages et sous le rapport du prix et sous le rapport de la qualité » (in Gazette de Charleroi, 21/08/1895). La maison De Heug remporte à cette occasion une médaille d’argent. Elle arrive à de distinguer et à se faire une place, alors que plusieurs autres magasins de pianos sont installés à Charleroi : la Maison F. Bardet au boulevard Audent, les pianos Dubois-Maton à la rue de la Station, L.Thonon-Massert rue de Marchienne, les Magasins Dagnelie rue de la Montagne,...

Les De Heug sont à la fois fabriquant et détaillant, permettant de vendre de 30% à 40 % moins cher leurs instruments. Ils proposent également des pianos d’occasion, ainsi que la location d’instruments.

Projet de l'immeuble De Heug. Ancienne publicité

En 1905, les pianos De Heug participent à l’Exposition Universelle de Liège, leur permettant de se faire connaître internationalement ; ils y remportent une médaille de bronze.

En 1908, un important incendie ravage la fabrique de pianos. A cette époque, environs 200 pianos sortent annuellement des ateliers installés derrière le vaste immeuble commercial de Marcinelle (Gazette de Charleroi, 31/01/1908).

L’entreprise familiale se relève néanmoins, et poursuit son développement. Les De Heug disposent également d’un magasin installé Place Verte à Charleroi.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’entreprise connaît son âge d’or. Vers 1919, les trois fils de Pierre De Heug, Georges, Franz et Paul, reprennent l'affaire. La société va alors connaître ses dix années les plus prospères. Le magasin de Charleroi écoule les 600 pianos produits annuellement à Marcinelle. Lorsque Pierre De Heug décède en 1932, Paul rachète les parts de ses frères et devient le seul propriétaire de la manufacture.

En 1934, Paul De Heug fait appel aux architectes Marcel et Henri Leborgne afin d’ériger un nouveau magasin à Charleroi. Il acquiert un terrain en bord de la Sambre canalisée. Les Leborgne édifient quai Arthur Rimbaud un majestueux immeuble moderniste, dont les volumes rappellent ceux d’un piano. Abritant le siège social, une salle d’exposition et de vente et une salle d’essai, l’immeuble accueille également 6 étages d’appartements. La cage d'escalier est illuminée par une verrière semi-cylindrique qui s’élève sur toute la hauteur du bâtiment.

L'immeuble De Heug restauré (2018)

Installée dans ses nouveaux bâtiments, l’entreprise commence à connaître une baisse de ses activités : la crise des années 30 et la Seconde Guerre mondiale marquent la fin des années de prospérité.

En 1938, l’entreprise prend la forme d’une Société en nom collectif : « De Heug Frères ».

Pierre De Heug, deuxième du nom, reprend la société au décès de son père Paul, en 1958. Il ne parvient cependant pas à la maintenir. Le piano ne trouve plus sa place dans le style musical des sixties et des seventies. De facteurs de pianos, les De Heug se reconvertissent, profitant de leurs ateliers de menuiserie, dans la fabrication de meubles et plus particulièrement de meubles de cuisine. En 1980, l’entreprise De Heug quitte le bâtiment et cesse définitivement ses activités. Les mentions « De Heug » disparaissent pour la mention « Dolisy », agent en douane occupant le rez-de-chaussée.

De l’existence de cette entreprise familiale, il ne reste aujourd’hui que peu de traces. L’immeuble dit Piano De Heug en bord de Sambre en est sans aucun le plus connu. Véritable bijou architectural, les façades, toitures et cage d’escalier sont classés le 23 mars 1995 ; en 2003, l'immeuble est inscrit sur la liste de l’Institut du Patrimoine Wallon. Dans un piteux état aux alentours de 2010, il est un temps envisagé de démolir l'immeuble et de le reconstruire à l'identique. Après une mobilisation citoyenne, la restauration complète de l'édifice est finalement décidée.

L’immeuble « Piano De Heug » est aujourd’hui considéré comme l’une des œuvres majeures des Leborgne, et est l’un des plus aboutis du Modernisme à Charleroi. Sa restauration à l’identique, et l’ajout des anciennes enseignes De Heug redonne au bâtiment son lustre d’antan. 


POUR Y ACCEDER

Bâtiment De Heug
Quai Arthur Rimbaud, 5
6000 Charleroi

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