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Parent, Basile


Entrepreneur ferroviaire (1807 - 1866†)

Le nom de Basile Parent est aujourd’hui presque totalement oublié. Pourtant, ce couilletois devint au XIXième siècle un magnat des chemins de fer. Installé Place Vendôme à Paris, il n’oublia pas Couillet et sa famille restée au pays. Une place et une église perpétuent aujourd’hui sa mémoire ; la dénomination du domaine de Parentville fait directement référence à la famille Parent.

Basile Joseph Parent naît à Couillet le 7 décembre 1807 au sein d’une grande famille. Il est le fils de Jean Théodore Parent et de Catherine Allard, et le dernier né d’une fratrie de sept enfants.

Léon Mondron

Les Parent descendent d’une ancienne famille bien ancrée dans la région. L’un de leurs ancêtres, Théodore, fut d’ailleurs bourgmestre de Couillet vers la fin du XVIIième siècle.

Jean Parent et Catherine Allard sont, à la naissance de Basile, déjà âgés d’une petite quarantaine d’années. Basile perd sa mère alors qu’il n’est âgé que de 10 ans, le 19 mars 1818. Son père décède le 28 juillet 1826 ; Basile a alors dix-huit ans.

En 1830, Basile Parent rejoint la compagnie de volontaires de Léopold de Dorlodot. Il gagne Bruxelles et participe activement aux combats qui se déroulent dans le parc de Bruxelles.

Au lendemain de l’Indépendance de la Belgique, Basile Parent est décoré pour sa participation aux journées de 1830 ; il s’engage également dans l’armée. Il sert dans un régiment de Génie, ce qui lui permet d’acquérir de multiples connaissances, notamment en matière de nivellement et de construction de remblais et de déblais.

Basile Parent épouse à Malines Jeannette Consgen le 20 juin 1832. Il est alors sergent à la quatrième compagnie du bataillon de sapeurs mineurs, et cantonné à Lierre.

En 1834-35, il participe aux travaux d’un chantier qui fera la fierté de la jeune Belgique : la construction du premier chemin de fer européen continental, reliant Bruxelles à Malines. Après ce chantier, Basile Parent devient un véritable entrepreneur ferroviaire ; il participe en 1838-39 à la construction de la ligne reliant Courtrai à Gand, en réalisant la section Deinze-Courtrai.

Le 3 avril 1841, son épouse Jeannette Consgen décède à Liège, à l’âge de 28 ans seulement.

Eglise Saint-Basile, Couillet

Soldat, Basile Parent avait fait la rencontre de Pierre Schaken, devenu depuis entrepreneur de travaux publics. Parent s’associe avec lui, et fondent ensemble la société « Parent & Schaken ».

En Angleterre et en Belgique, les réseaux ferrés sont déjà relativement étendus, alors qu’en France, tout est encore à faire. Soucieux de rattraper son retard sur ses voisins, le Second Empire lance une importante politique d’extension du réseau de voies ferrées. Parent et Schaken décident de prendre la direction de Paris et de s’y installer.

Dans la capitale française, Basile Parent rencontre Nathalie Blin ; ils s’unissent le 3 août 1846.

Avec Pierre Schaken, ils œuvrent sur de nombreux chantiers de constructions ferroviaires. Schaken et Parent deviennent rapidement deux des plus grands entrepreneurs de construction de chemins de fer en Europe. Remarqué et bénéficiant déjà d’une certain notoriété, Basile Parent est reçu aux Tuilleries par Napoléon III et par l'impératrice Eugénie. En 1852, la réalisation de la section Lyon-Avignon de la ligne Paris-Méditerranée leur est confiée.

En 1853, Basile Parent s’installe Place Vendôme ; il acquiert l’hôtel Baudard de Saint-James situé au numéro 12 de la place. Frédéric Chopin y est décédé quelques années auparavant, en 1849.

En 1854, Basile Parent et Pierre Schaken obtiennent un contrat de durée 6 ans de la part de la « Compagnie du chemin de fer du Grand Central ». A Oullins, près de Lyon, les deux associés prennent à bail un atelier pour y construire des machines à vapeur ainsi que des ponts métalliques et autres matériels. En 1861 cependant, le bail n’est pas renouvelé. Basile Parent et Pierre Schaken fondent alors à Fives, près de Lille, et en association avec Jules-César Houel et Ferdinand Caillet, les « Ateliers de Constructions Mécaniques de Fives ». Ensemble, ils projettent de fabriquer à grande échelle des locomotives à vapeur, ainsi que des équipements dédiés à la construction de voies ferrés. La société de Parent et Schaken change de nom et devient « Parent, Schaken, Caillet et Cie ».

L'implantation de cet atelier au sein d’une région où il est facile de s'approvisionner en houille et en fer et disposant d’une bonne desserte en transports fluviaux permet à l'usine de rapidement prospérer. Très vite, les installations sont saturées, et des partenariats et agrandissements sont planifiés.

Intérieur de l'Eglise Saint-Basile, Couillet. Détail d'une carte postale ancienne, éditeur inconnu

En 1865, l'usine devient la « Compagnie de Fives-Lille ». Sa réputation est internationale ; elle exporte ses productions dans le monde entier. Cet établissement n’existe aujourd’hui plus, mais de l’usine originelle est né un groupe industriel toujours actif sur le marché, « Fives ».

Bien que Basile Parent ait quitté sa région natale, il y reste fortement attaché et continue d’y revenir régulièrement pour y visiter ses proches. Parent assiste à la métamorphose du village paisible en un centre industriel. Lorsque Basile Parent naît, Couillet n’est alors encore qu’un village, comptant à peine environ 350 habitants. Les nombreuses industries qui s’installent dans le Pays de Charleroi transforment radicalement la région.

Basile Parent souhaite faire profiter ses proches de sa réussite. Il acquiert à Couillet, entre 1855 et 1860, 61 hectares de terrains ainsi qu’un château aujourd’hui disparu, situé dans l’actuelle rue du Moulin. Basile Parent partage et donne des affectations précises à ses différents terrains. Un parc est créé pour agrémenter les abords du château ; ce parc est aujourd’hui devenu le parc communal de Couillet. Il fait également construire une brasserie, qu’il destine à sa sœur Alexandrine.

Basile Parent étudie la construction d’une église, édifice manquant cruellement dans le quartier. Cette église peut être considérée comme étant sœur de celle de Jumet Gohyssart, édifiée à la même époque par les Bivort de la Saudée : elles sont toutes les deux érigées vers la moitié du XIXième siècle, au cœur d’un quartier fortement ouvrier, ne disposant alors pas de lieu de culte catholique. Les deux églises sont érigées par le monde patronal, à destination du monde ouvrier. Devant l’église, il planifie la construction d’une place publique. Basile Parent vient personnellement à Couillet poser la première pierre du nouvel édifice, le 14 mars 1865.

Château de Parentville, Couillet

A proximité de ces constructions, un domaine situé sur les hauteurs de Couillet prend le nom de la famille. Un domaine est désormais désigné par le patronyme familial : le château de Parentville domine la vallée de la Sambre. En 1895, Jean-Baptiste Parent revend le site à Ernest Solvay. Cette vente à la Compagnie Solvay comprend le château, une ferme avec ses jardins, prairies, vergers, terres et bois, totalisant une superficie de 74 hectares environ, et permet aux usines Solvay de poursuivre leur développement.

Nathalie Blin, épouse de Basile Parent, décède le 7 février 1866. Basile Parent s’éteint quelques mois plus tard, le 2 juin 1866 en son domicile de la Place Vendôme, à l’âge de 57 ans. Il reçut les titres de Chevalier de la Légion d’Honneur et d’Officier de l'Ordre de Léopold.

Après son décès, ses biens sont morcelés entre ses héritiers. L’hôtel de la Place Vendôme est vendu par adjudication pour un montant de 1.753.000 francs. Ses enfants font poursuivre la construction de l’église qui, en hommage à l’industriel, est consacrée le 8 septembre 1868 à Saint-Basile. Malheureusement, depuis 2000, l’église est fermée au culte et menace ruines… A l’intérieur de l’église, dans une chapelle, se trouve un monument en marbre blanc, dû au sculpteur Jacob de Braekeleer. Le mémorial représente un ange couronnant de laurier le buste de Basile Parent ; à l’arrière-plan, une locomotive à vapeur fait directement référence aux activités de cet homme d’affaires, qui fut l’un des plus grands entrepreneurs de construction de chemins de fer du XIXième siècle.



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