Nouveaux sujets sur Charleroi-Découverte !



On en parle...




Les gens d'ici
Festival International des Jeunes Créateurs de Charleroi
25 et 26 septembre 2010



 

 

 

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons
 

Page : Page principale » Histoire d'une Ville » Les tramways à Charleroi

Save to Facebook   Save to slashdot   Add To Del.icio.us   Digg This   Fav This With Technorati   Fav This With yahoo   Fav This With google   Bookmark this site with Windows Live Favorites   Add to furl

Les tramways à Charleroi


Au XIXième siècle, la Belgique connaît une croissance industrielle unique. Rapidement, le pays se positionne comme l'un des pays les plus industrialisés. La croissance économique est au beau fixe, la démographie ne cesse de croître.
Elément clé de cette croissance : le chemin de fer. Il fait son apparition en Belgique cinq ans seulement après l'indépendance du pays. La première ligne relie Bruxelles à Malines à partir du 5 mai 1835. Dès 1843, Charleroi est relié au réseau existant; les trains marquent une halte à la Ville Basse.

Cependant, le chemin de fer était onéreux. Il n'était également pas possible de créer des lignes de chemin de fer reliant entre eux chaque ville et village. L'Etat Belge décida de créer un réseau parallèle au réseau existant, permettant une circulation plus facile des villages et faubourgs vers les centres urbains, à partir desquels le chemin de fer reprendrait le relais.

Arrivée de la Société des Chemins de fer Vicinaux Belges

En 1866, la concession d'une ligne est confiée à Ernest-Frédéric Nyst. Ce dernier fait circuler le premier tramway de Belgique, à Bruxelles, reliant le Bois de la Cambre à l'Eglise Sainte-Marie à Schaerbeek.

En 1866, Charleroi comptait moins de 12.000 habitants, et la ville était toujours enclavée dans ses fortifications. L'année suivante cependant, le démantèlement de la forteresse est décidé; il se terminera en 1871. Charleroi souhaitait à ce moment se positionner comme ville bourgeoise, capitale du Pays Noir. Des projets de transformation de la ville furent déposés, créant des parcs, de grands boulevards arborés, des monuments, un certain nombre de nouvelles infrastructures. A ce moment, le souhait de doter Charleroi d'un réseau de tramways commençait également à se faire savoir.

En 1877, un premier projet de création d’une société de transport fut introduit auprès du conseil communal ; il sera classé sans suite. Un second projet, en 1879, connu la même destinée.

En 1881, une ligne de chemin de fer américain est établie entre la gare de Charleroi-Sud et la rue de l’Ecluse, sur un parcours d'un plus d’un kilomètre, via la rue du Collège, la place Albert Ier et la rue de Marcinelle. Cette ligne, à traction chevaline, est cependant rapidement abandonnée.

La même année, la Société des Chemins de fer Vicinaux Belges transfère son siège social de Bruxelles à Charleroi. Cette société privée obtient à Charleroi la concession de deux lignes de tramways :

  • La première ligne reliait Charleroi à Gilly et était exploitée, entre la rue de l’Ecluse et la Porte de Waterloo (via la rue du Collège, la place de la Ville Basse, les rues de Marcinelle, du Pont-Neuf, d’Orléans, la place de la Ville Haute, et la rue Neuve) par des locomotives à vapeur, et entre la Porte de Waterloo et Gilly, par traction chevaline, via la Grand’rue. Le premier tram a effectuer ce trajet circula en septembre 1881 ;
  • La seconde ligne, entièrement à vapeur, fut mise en service en 1882 entre Charleroi et Montignies-sur-Sambre.

La création de ces deux lignes, dès 1881, marque le début du tramway "urbain" de Charleroi.

Si la population carolorégienne avait fait preuve d’une grande curiosité et d’une grande effervescence face à la pose des voies et à l’inauguration des lignes, la population de la Ville Haute dépose une plainte en juillet 1882 relative aux divers dangers que posent les tramways, ainsi qu'aux nuages de fumées et de poussières qu'émettent les motrices, créant un grave préjudice, notamment pour les commerçants.

Si le prix d'un trajet n'était pas démocratique, le nombre de voyageur augmentait. Aussi bien qu'au final, les deux lignes furent réunies, utilisant un tronçon commun jusqu’à la gare de Charleroi-Sud.

Arrivée de la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux

Le souhait de l'Etat avait été de créer un réseau parallèle au chemin de fer. Dans les centres urbains, des sociétés privées avaient rapidement développés quelques lignes, rentables. Mais les zones moins peuplées restaient isolées. L'Etat avait essayé, notamment en promulguant la Loi sur les Tramways de 1875 de faciliter la création de lignes reliant les villages aux villes afin d'y acheminer les denrées agricoles, les lignes pouvant également servir au transport de passagers. La loi ne rencontra nullement le succès souhaité. Seules les zones densément peuplées avaient trouvé des sociétés pour y exploiter des concessions.

Un nouveau texte de loi est rédigé; la Loi relative à la constitution et l'exploitation de chemins de fer vicinaux est publiée au Moniteur Belge le 29 mai 1884. Les actes de la société sont publiés le 12 juin de la même année, créant officiellement la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux (SNCV). Le financement nécessaire à la création des nouvelles lignes provient des apports des entreprises, des communes, des provinces et de l'Etat.

La SNCV s’implante à Charleroi en 1885. Le 3 juin 1887, elle met en service ses trois premières lignes de la région, à traction vapeur, reliant :

  • Charleroi et Mont-sur-Marchienne
  • Charleroi et Montignies-le-Tilleul, via Marchienne
  • Charleroi et Lodelinsart, via Jumet.

Particularité des voies posées par la SNCV : les voies métriques sont utilisées; l'écartement entre les rails est plus petit qu'entre les voies ferroviaires classiques.

A noter à la même période, la fondation de la Société Anonyme Electricité et Hydraulique, le 29 juillet 1886 par Julien Dulait. Cette société de Marcinelle, active notamment dans les constructions ferroviaires, donnera naissance aux Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, dont la renommée fut mondiale.

Entre 1891 et 1895, la SNCV ouvre deux autres lignes, entre Lodelinsart et Châtelet, et Montigny-le-Tilleul et Thuillies.
Le succès est présent, et toutes les lignes de la SNCV, hormis le tronçon entre Montigny-le-Tilleul et Thuillies, sont électrifiées en 1900/1901. Et le nombre de ligne continua de croître.

La Société des Chemins de fer Vicinaux Belges céda en 1903 la concession de ses lignes à la RELSE (Railways Economiques de Liège-Seraing et Extensions). Les deux lignes exploitées depuis 1881-82 furent électrifiées, et la voie classique remplacée par une voie métrique.

En 1904, la RELSE confiait ses lignes à une filiale, les TEPCE (Tramways Electriques du Pays de Charleroi et Extensions, mieux connue dans le vocable des carolorégiens sous l'appellation de "Trams verts"; les tramways de la SNCV seront surnommés en opposition "Trams jaunes"). La SNCV lui confia également l’exploitation de son réseau carolorégien, en croissance permanente, par voie d’affermage.

Le Métro Léger de Charleroi - Beaux-Arts
Métro Léger de Charleroi - Station Beaux-Arts, conservant un ancien Tram Vert

En 1911, Charleroi accueille l’Exposition de Charleroi. Le site se situait sur le parcours de la ligne  de Charleroi à Gilly, que le tramway continuait à parcourir, sans marquer d'arrêt. Une ligne temporaire est créée, destinée à desservir l’Exposition, entre Charleroi-Sud et le nord de la ville, où se tient l'Exposition.

A la veille de la Première Guerre Mondiale, la région est plus que bien desservie par les réseaux de tramways. Celle-ci ne fera qu'accroître le nombre de passagers transportés, le chemin de fer étant réquisitionné par les troupes allemandes.

A la sortie de la guerre, le réseau a souffert, mais il sera rapidement reconstruit, et les extensions et création de nouvelles lignes continuent de se suivre.

En 1923, la SNCV reprend possession de son matériel roulant et exploite elle-même ses lignes, confiées à la société TEPCE. En 1929, une collaboration entre les deux sociétés a de nouveau lieu concernant la liaison Charleroi-Sud - Châtelineau-Gare.

Jusque des les années 40, le réseau carolorégien est en permanente extension. Montignies-sur-Sambre, Goutroux, Monceau-sur-Sambre, Loverval, Roux, Courcelles, Trazegnies, Ransart, Jumet, Thuin,... chaque commune est interconnectée à un réseau de plus en plus important. La SNCV et les TEPCE continuent activement le développement de leurs lignes respectives. Le réseau des "trams verts" connaît son apogée un peu avant la Seconde Guerre Mondiale, avec l'exploitation de 67 km de lignes.

En 1929, l’ouverture de la section reliant Marchienne-au-pont à Fontaîne-l’Evêque permet aux réseaux SNCV de Charleroi et du Centre de se rencontrer. Une liaison directe Charleroi-Anderlues-Binche-Mons est créée en 1931.

En 1932, le premier autobus circule entre Charleroi et Dampremy. Le succès n'est pas rencontré, et la ligne est finalement abandonnée. Le tramway connaîtra encore 26 années de paix.

La Seconde Guerre Mondiale provoque d'importants dégâts sur les deux réseaux. Les véhicules, les infrastructures, voies et ponts, sont bombardés. Les réseaux sont réquisitionnés pour le transport de prisonniers.
Au lendemain de la guerre, on s'attelle à la reconstruction des réseaux, et parfois au remplacement complet des infrastructures. Mais les ouvertures de lignes et de sections continuent de se succéder.

En 1951, les "trams verts" modernisent réseau et véhicules. L'automobile commence à prendre de plus en plus de place, les coûts d'exploitation augmentent, le nombre de passagers est en baisse constante...

1958, le bus détrône le tramway ; la STIC et la SNCV se lancent dans le mouvement

En 1958, la ligne reliant Charleroi-Sud à Montignies-Neuville est remplacée par un service d’autobus.

En 1962, la STIC (Société des Transports Intercommunaux de Charleroi) remplace les TEPCE, dont la concession était arrivée à terme.

L'autobus rencontre cette fois le succès escompté. L'autobus est moderne, se faufile dans la circulation, et ses coûts d'exploitation sont largement inférieurs à ceux du tramway. Dès ce moment, la fermeture de lignes et de sections de tramway va commencer. Année après année, la STIC et la SNCV convertissent leurs lignes. Cependant, la croissance du parc automobile ralentit la vitesse commerciale des autobus. Des projets de création de métros et métros légers dans les grandes villes de Belgique sont lancés. A Charleroi, la réalisation d’un réseau de Métro Léger est étudiée. Certaines lignes de tramways seraient conservées, isolées du trafic, permettant un circulation rapide des véhicules.

Mais le déclin du tramway continue. Le dernier "tram vert" de la STIC rentre au dépôt Genson le 1 juillet 1974.

Le 21 juin 1976, la première section du métro léger de Charleroi est inaugurée. Les quelques lignes de tram toujours existantes rejoignent la gare de Charleroi-Sud en utilisant cette nouvelle infrastructure, sur quelques centaines de mètres à peine. Les années suivantes, le métro se creuse, les finances manquent, les lignes de tramway continuent à être "bussifiées" une par une.

En 1988, seules deux lignes de tram sont encore exploitées à Charleroi, circulant en partie sur les infrastructures existantes, et mises en service, du métro léger :

  • Charleroi - Anderlues;
  • Charleroi - Anderlues - Binche - La Louvière.

Cette même année, la responsabilité du secteur du transport en commun est attribuée aux Régions, par la loi du 8 août 1988. Deux années plus tard, au 1er janvier 1990, les sociétés de transport en commun tombent sous la tutelle des Régions. La partie wallonne de la SNCV est fusionnée avec les sociétés de transport en commun situées en Wallonie, dont la STIC.

En 1991, la Société Régionale Wallonne du Transport (SRWT) est créée, ainsi que 5 Sociétés autonomes d'exploitation des transports en commun. Deux de ces sociétés seulement, le TEC-Charleroi et le TEC-Hainaut, continuent l'exploitation des tramways. Toutes les autres communes et villes de Wallonie sont déjà totalement passées au "tout au bus".

Le 22 août 1992, de nouvelles infrastructures du métro léger de Charleroi sont mises en service. Dorénavant, les lignes 89 et 90 sont en site propre intégral jusqu'à Anderlues. Une semaine plus tard, le 28 août 1992, la nouvelle antenne de métro vers Gilly est mise en service. Une nouvelle ligne est créée, la ligne 54.

Rapidement, le TEC-Hainaut, n'exploitant comme unique ligne de tramway que la ligne 90 entre Anderlues et La Louvière, décide l'arrêt de l'exploitation de cette ligne. Le 29 août 1993, le tramway 90 relie pour la dernière fois Charleroi à La Louvière.

La région de Charleroi reste la seule de Wallonie a avoir conservé la circulation de tramways sur son territoire, sans interruption depuis 1881.

Même si les heures de gloire du tramway à Charleroi sont passées, le métro léger fera revivre le tramway, en recréant des extensions, sous forme de nouvelles lignes de tramways en chaussée.

Comme beaucoup d'autres villes, Charleroi était desservie par un important réseau de tramways vicinaux ainsi que par le réseau plus modeste des "Trams Verts" (TEPCE, puis STIC).
Plusieurs générations de personnes ont utilisé ces trams soit pour se rendre à l'école, soit pour le travail ou pour les loisirs. Le Centre de Découverte du Vicinal à Thuin, à quelques kilomètres au sud-ouest de Charleroi, fait aujourd'hui circuler des tramways anciens sur une partie de l'ancienne ligne vicinale 92, entre Thuin et Lobbes. Ce musée possède une trentaine de véhicules, la plupart en ordre de marche, et ceux-ci vous feront découvrir ce magnifique coin de la Thudinie en parcourant la ligne, partiellement électrifiée. Nostalgie garantie pour qui a bénéficié des services de feue la SNCV. Le musée présente également quantité de photos de toutes les époques du Vicinal entre autre à Charleroi et dans tout le Hainaut.

 

 
Le Centre de Découverte du Vicinal
Rue du Fosteau, 2A
6530 Thuin
Site : http://www.asvi.be
Pas de station de métro à proximité
 



| Contact | A propos de ce site | Portail non-officiel sur Charleroi | © www.charleroi-decouverte.be 2007 - .... | Version 3 | Réalisé sous MODx |