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La catastrophe minière du Bois du Cazier

 

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Orientation bibliographique sur ce sujet

Le Bois du Cazier : Marcinelle / Delaet, Jean-Louis ; Forti, Alain ; Groff, Francis. Bruxelles : Editions Labor, 2003. 135 p.

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Le matin du 8 août 1956, la plus grande catastrophe minière de l'histoire de la Belgique se produisait au Bois du Cazier à Marcinelle, faisant 262 morts de 12 nationalités différentes, principalement d'origine italienne (136) et belge (95) et laissant derrière eux des centaines de veuves et d'orphelins.

Cette catastrophe va à nouveau mettre à l'avant-plan les pénibles conditions de travail et de vie des mineurs, et déboucher sur l'arrêt de l'envoi de travailleurs italiens vers la Belgique pour travailler dans les mines ; 50.000 mineurs italiens avaient jusqu'alors déjà fait le voyage. La réglementation concernant la sécurité du travail va être également renforcée par la suite.

L'origine du nom Bois du Cazier provient de l'union de la propriétaire du "Bon Bois" de Marcinelle, avec le Baron de Cazier, au XVIIIième siècle. Les bois sont alors désignés comme étant les "Bois de Cazier". Le nom va ensuite évoluer vers "Bois du Cazier". Dès 1822, une mine charbonnière y est exploitée, mais ce n'est qu'en 1874 que le charbonnage prend le nom de Bois du Cazier. Le Cazier devient après le rachat par les Charbonnages d'Amercoeur en 1899 l'un des charbonnages les plus productifs et les plus modernes du Pays de Charleroi. Le site connait durant son activité deux catastrophes importantes : en 1930, 16 mineurs y trouvent la mort suite à un coup de grisou; en 1956, ce sont 262 mineurs qui ne remontent pas. Le Bois du Cazier cesse définitivement son exploitation le 9 décembre 1967, après 145 années d'activité.

La matinée du 8 août 1956 était ensoleillée, comme les autres en ce mois d'août. Au charbonnage du Bois du Cazier, peu après 8 heures, les 274 ouvriers de la pause du matin viennent de descendre dans le puits Saint-Charles pour débuter le travail. Subitement, une épaisse fumée noire mêlant cendres et suies sort du puits, visible à des kilomètres à la ronde. Dès 8h30, une radio française annonce la catastrophe, suivie rapidement par les radios et télévisions belges, ainsi que celles du monde entier.

C'est une erreur de manipulation qui est à l'origine de l'incendie qui se déclenche au fond du puit. Vers 8h10, la cage se présente à l'étage 975 et s'y arrête ; elle n'est cependant pas destinée à cet étage. Le préposé, pensant devoir y placer les berlines (wagonnets de mine), y envoie un berline remplie de charbon. Normalement, un wagonnet rempli en chasse un vide de la cage. Suite à une défaillance, le wagonnet rempli entre partiellement dans la cage, et ne chasse pas entièrement le wagonnet vide. Avant d'avoir pu évacuer l'une des deux berlines, la cage remonte soudainement vers la surface. L'un des deux wagonnets se heurte violemment contre une poutre ; celle-ci arrache deux câbles électriques à haute tension, les câbles téléphoniques, une conduite d'huile sous pression, et les tuyaux d'air comprimé. L'arc électrique formé par les câbles à haute tension est en contact avec la conduite d'huile sectionnée, provoquant un incendie, attisé par l'air comprimé qui s'évacue suite aux dégâts occasionnés aux tuyauteries par les berlines. Le feu attaque les boiseries de la mine, et rapidement, l'incendie se propage dans les galeries. Une épaisse fumée noir s'évacue par le second puits. L'air au sein de la mine devient de moins en moins respirable, et le monoxyde de carbone se répand dans les galeries. Les deux puits ne peuvent plus être utilisés par les secours, l'un bloqué par la cage, l'autre par la fumée de l'incendie. 274 mineurs sont à ce moment dans la mine, répartis entre les étages allant de moins 170 à moins 1035.

Vers 8h25, six hommes parviennent à la surface, remontant de l'étage 1035. Un de leur collègue est resté en bas, afin de demander à la surface la remontée de la cage, qui part sans lui.

A 9h10, le second puits est en feu. Sous la chaleur, les câbles des cages se rompent, et celles-ci dévalent au fond des puits. Il n'y a désormais plus moyen de descendre dans la mine par les puits I et II. Il ne reste que le troisième puits (dit "Foraky"), en creusement à l'époque. Ce puits va permettre aux sauveteurs d'atteindre le niveau 765 avec difficulté, mais il n'y a plus aucune trace de vie.

Devant les grilles du charbonnage commencent à se presser les familles des mineurs et les habitants du quartier, alertés par la fumée.

A 15h, soit 7 heures après le début de la tragédie, les sauveteurs pénètrent dans le puits numéro I, celui où l'incendie s'était déclaré. Ils retrouvent au niveau 715 trois hommes abrités sous une berline, et trois hommes dans le bouveau de retour d'air. Ces six mineurs seront les derniers retrouvés en vie. Les recherches se poursuivront jusqu'au 22 août, où la triste et célèbre phrase tutti cadaveri sera prononcée par les sauveteurs remontant de 1035 : il n'y a plus aucun survivant. Le dernier corps ne sera remonté qu'en décembre 1957.

Le Cazier aura ce 8 août 56 tué 262 mineurs : 136 italiens, 95 belges, 8 polonais, 6 grecs, 5 allemands, 5 français (dont plusieurs algériens), 3 hongrois, 1 anglais, 1 hollandais, 1 russe et 1 ukrainien. Il va falloir quatre mois pour remonter les corps des victimes. Les dépouilles des mineurs sont inhumées autour d'un mémorial dans le cimetière de Marcinelle, situé à proximité immédiate du charbonnage.

Cette catastrophe va modifier les conditons de travail des mineurs en Belgique, ainsi qu'en Europe. L'Italie va suspendre l'envoi de main d'oeuvre dans les charbonnages belges. Les recruteurs devront désormais se tourner vers d'autres pays pour trouver des hommes prêts à descendre dans les mines. La Belgique signe de nouveaux accords bilatéraux avec l’Espagne, la Grèce puis le Maroc et la Turquie.

Ailleurs, les mineurs travaillent toujours aujourd'hui dans des conditions plus que difficiles, notamment en Chine où les mines sont les plus meurtrières au monde, et où les catastrophes ne cessent de se succéder...

La liste des victimes et la localisation de leur domicile au moment de la catastrophe est disponible sur une carte géographique ; certains vivaient dans le phalanstère situé à la rue de la Bruyère.

 

Le Bois du Cazier
Rue du Cazier, 80
6001 Charleroi (Marcinelle)
Site : http://www.leboisducazier.be
Métro Pas de station de métro à proximité



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pourbaix jacqueline



Mon August 22, 2016
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mon pere etais aussi mineur ,je ne l ai pas connu j avais 2 ans quand il est decede . aujourd hui j ai 63 ans et il me manque toujours ,je suis aller visiter plusieurs mine de charbon. et je continue a chercher ou il a travailler mais je trouverais ,POUR toi PAPA.

Chakri-Robert, Annick



Mon August 08, 2016
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Bonsoir, je relis votre texte. Je précise que, parmi les "5 Français" il y avait 3 mineurs (je crois-à vérifier) qui étaient "algériens", la correction a été faite au Cazier, je crois.
Merci.

Henrioulle Jacques



Wed July 13, 2016
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Quelles sont les conclusions de l'enquête? Quelles responsabilités ont été déterminées? Les familles ont-elles été indemnisées?
J'avais 16 ans à l'époque et les paroles du sauveteur italien sont encore dans ma mémoire ( tutto fuoco, tutti cadaveri )
Fraternellement à vous,
Jacques Henrioulle.

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