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Le Mineur accroupi & le Forgeron au repos


Le Mineur accroupi - Charleroi

Le « Mineur accroupi » et le « Forgeron au repos » situés à Charleroi sont deux copies d’éléments d’un monument dédié au Travail, imaginé par Constantin Meunier. L’artiste ne verra cependant jamais son oeuvre élevée de son vivant. Le Monument au Travail est inauguré en 1930 à Bruxelles, malgré que Charleroi ait montré à de nombreuses reprises son intérêt pour cet ensemble qui avait du mal à trouver un emplacement à Bruxelles pour l’accueillir. Privé du monument, Charleroi finira par commander deux copies de statues composant ce monument.

A partir de la fin des années 1870, Constantin Meunier commence à s’intéresser à l’industrie et au monde ouvrier. En 1881-1882, Meunier parcourt les sites houillers et métallurgiques du Borinage et du Pays de Charleroi afin de se documenter pour réaliser les illustrations d’un ouvrage de Xavier Mellery. La visite de ces deux régions ne le laisse pas indifférent ; Meunier va y trouver une source d’inspiration importante.

« Puis le hasard me mène dans le pays noir, le pays industriel. Je suis frappé par cette beauté tragique et farouche. Je sens en moi comme une révélation d'une œuvre de vie à créer. Une immense pitié me prend. Je ne pensais pas encore à la sculpture. J'avais 50 ans et je sentais en moi des forces inconnues, comme une nouvelle jeunesse [...]. »

A partir de la moitié des années 1880, Meunier reprend la sculpture, qu’il avait délaissé pour la peinture et le dessin. Jouissant d’une reconnaissance grandissante, il imagine vers 1885 un Monument au Travail composé de plusieurs statues et reliefs. Il présente à Paris en 1894 un relief, premier élément de son monument.

Meunier compose au fur-et-à-mesure les éléments qui formeront son monument, mais a du mal à décider l’agencement final. Il fait appel à Horta en 1901 afin de trouver la meilleure disposition pour ses reliefs et statues. La même année, il demande à Léopold II d’installer son monument à Bruxelles, mais l’Etat refuse d’acheter l’œuvre, de peur qu’elle ne devienne un lieu de rassemblement ouvrier lors de manifestations. L’intérêt que porte le directeur du musée des Beaux-Arts de Copenhague au projet de Meunier finit par décider l’Etat en 1903 à acquérir le monument. Mais restent en suspens les questions de l’agencement de l’œuvre, et surtout de sa localisation.

Constantin Meunier décède le 4 avril 1905 ; il n'eut jamais la chance de voir son Monument au Travail érigé.

En 1906, Jules Destrée émet lors d'une conférence le voeux de voir s'élever sur l'une des places publiques de Charleroi la statue d'un ouvrier de Meunier, et ce afin d'honorer les travailleurs de la région.

Des maquettes du monument sont à plusieurs reprises présentées, divers projets d’agencement des statues et bas-reliefs sont étudiés et plusieurs localisations envisagées, mais jamais le projet n’aboutit. Charleroi souhaitait voir s'ériger sur son territoire un monument honorant l’industrie et le travail, et à plusieurs reprises, les autorités tentèrent de faire s’élever le Monument de Meunier à Charleroi, ce dernier ayant du mal à trouver un emplacement à Bruxelles.

Une face du Monument au Travail tel qu'il fut présenté lors de l'Exposition de Charleroi de 1911. A l'extrème droite, Le Forgeron au repos. Image extraite du Livre d'Or de l'Exposition de Charleroi de 1911

Lors de l'Exposition Internationale de Charleroi de 1911, le Monument au Travail est présenté par M. Hasse, architecte de l'Exposition, dans le Grand Hall de la Métallurgie.

Au lendemain de l'Exposition, Charleroi réaffirme le souhait d’accueillir le Monument. Différents lieux sont étudiés pour son emplacement : il pourrait être érigé devant la gare du Sud, mais Jules Destrée propose également le site de de la jeune Université du Travail. Et si il s’avère que le Monument doit absolument être érigé à Bruxelles, l’idée d’en exécuter une copie pour Charleroi fait son chemin.

La guerre de 1914-1918 vient mettre un terme à la question du Monument, de sa localisation, et de son agencement. Au lendemain de la guerre, le gouvernement se concentre sur le redressement du pays, et élève de nombreux monuments à ses héros et martyrs.

Il faudra attendre 25 ans après le décès de Meunier pour que son monument soit inauguré. Les socialistes au pouvoir dans les années 1920 remettent à l’ordre du jour la concrétisation du projet.

C’est finalement le 12 octobre 1930 que le Monument au Travail est inauguré à Laeken, square Jules Detrooz, à un emplacement sans rapport avec les intentions de Meunier. Même s’il se trouve à proximité du port de Bruxelles, le domaine royal est à proximité ; la chance est faible pour que les masses laborieuses se réunissent à cet emplacement… De son côté, la Province de Hainaut demande qu'une réplique soit érigée à Charleroi, mais en vain.

Parmi les œuvres composant le Monument au Travail, les sculptures du « Mineur accroupi » et le « Forgeron au repos » sont représentatifs du Pays de Charleroi. Privées du monument, les autorités communales carolorégiennes finiront par commander des copies de ces statues. En 1937, la ville vote le budget de décoration d’un nouveau pont sur la Sambre, comprenant socles en pierre, statues de Meunier, gardes-corps et lampadaires en cuivre.

Les deux statues sont installées, se faisant face, au centre du nouveau pont qui relie la Gare du Sud à la Place Buisset. En 1996, les statues sont déplacées vers les extrémités du nouveau Pont Roi Baudouin, en remplacement de l’ancien Pont de la Station ; le « Forgeron au repos » regarde vers la gare du Sud, et le « Mineur accroupi » vers la Place Buisset.


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Le Mineur accroupi & le Forgeron au repos
Pont Roi Baudouin
6000 Charleroi

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