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Rue de la Régence


La rue de la Régence relie la place Charles II au boulevard Janson.

La première section de l’actuelle rue de la Régence en partant de la place Charles II remonte à la première forteresse de Charleroi. Elle permettait d’accéder à un cavalier ainsi qu’à l’un des bastions (du Roy) des fortifications, et était désignée originellement sous le nom de rue du Franc Cavalier. Le cavalier dont il est question dans la dénomination de la voirie consistait en un élément destiné à renforcer le bastion, permettant de placer l'artillerie à un niveau plus élevé que les murailles, généralement bâti sur les courtines. Dans le cas de Charleroi en particulier, ce cavalier permettait de protéger la Porte de Bruxelles.

Coin de la rue de la Régence et de la rue des Trois Rois

Depuis toujours, cette artère vit dans l’ombre de sa voisine la rue Neuve, où se dressait une Porte d’accès à la forteresse et d’où partait un chemin qui permettait de relier Bruxelles via Dampremy.

Au XVIIIième et au début du XIXième siècle, un bâtiment fermait la rue à la hauteur des rues Charnoy et des Trois Rois. Ce bâtiment était longé sur chacun de ses côtés par une ruelle : à l’est, la Ruelle des Etoiles, et à l’ouest, la Ruelle du Puits. Le démantèlement partiel de la forteresse au XVIIIième siècle permet à la rue de se prolonger sur quelques dizaines de mètres. Lorsque les hollandais rebâtissent en 1815 une nouvelle forteresse, la rue permet l’accès à des casernes et un arsenal, ce qui vaut à cette section de voirie de prendre le nom de rue de l’Arsenal. La fréquentation militaire du quartier amènent à s’implanter dans la rue plusieurs cafés et maisons de plaisir, qui poursuivront leurs activités bien après la disparition des fortifications.

Vers 1870, au lendemain de la destruction de la forteresse, le bâtiment qui formait un bouchon à la hauteur des rues Charnoy et des Trois Rois est démoli. La rue prend le nom de rue du Cavalier sur toute sa longueur.

Au début du XXième siècle, cette rue est l’une des plus mal famées de tout Charleroi. Afin de tenter de modifier l’image du quartier, toujours quelque peu lié à la prostitution, les commerçants et habitants demandèrent aux autorités communales de renommer l’artère. Permettant d’accéder au siège de l’Administration communale, la rue devient le 10 octobre 1922 rue de la Régence, en référence à l’ancienne Régence hollandaise qui regroupait les magistrats de la ville, équivalent actuel du Collège communal. La rue conserve cependant quelques lieux de plaisir jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Dans l’entre deux-guerres, plusieurs familles juives s’installent dans le quartier. L’Europe de l’Est est en plein marasme économique et poussent de nombreux individus à s’établir ailleurs, notamment en Wallonie, terre prospère. Plusieurs de ces émigrants sont de confession juive ; lentement, une communauté naît à Charleroi et s’organise. En 1928, la Communauté Israélite de Charleroi est reconnue officiellement. Les rues de la Régence, Neuve et Chavannes forment le centre d’un petit quartier juif au cœur de la Ville-Haute qui reste animé jusqu’à la seconde guerre mondiale. De nombreux habitants sont déportés et trouvent la mort dans les camps de concentration. En 2012, Charleroi voit ses premiers Stolpersteine posés, petits pavés commémoratifs encastrés dans le trottoir devant le dernier domicile de victimes du nazisme. Le 23 octobre 2013, trois pavés sont posés face au 60 de la rue de la Régence, aux noms d'Abraham KEUSCH et de Nuchem et Rosa BIALEK.

Le 24 août 1961 s’ouvre le premier supermarché de Charleroi, sous l’enseigne « Nopri », accessible depuis les rues Neuve et de la Régence ; le magasin de deux étages reste ouvert jusqu’en 1999, année de sa faillite.

La rue de la Régence présente quelques bâtiments méritant une attention particulière :

  • Numéro 10 : le bâtiment qui se trouvait là fût détruit durant le siège de la forteresse en 1693. Il fut par la suite rebâti, en intégrant des éléments de l’édifice précédent.
  • Numéro 19 : un peu en retrait de la rue, cette bâtisse date de 1818 ; il fût bâti pour abriter les services du génie des bâtiments militaires au sein de la forteresse hollandaise. Il accueillit entre 1927 et 1944 la Police judiciaire, et est actuellement occupé par des services de la Province du Hainaut. 
  • Numéro 63 : le bâtiment date des années 1910 ; il présente aux étages une façade ondulante, structurée par des éléments s’élançant à la verticale, dans un esprit modern-style. Le style du bâtiment est à rapprocher de celui de l’ancien cinéma Varia à Jumet.



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