contact contact rss rss a propos de ce site site non officiel - à propos de cette initiative privée a la recherche de documents sur Charleroi A la recherche de documents sur Charleroi
Titre charleroi-decouverte.be 


Page : Page principale » Patrimoine » Patrimoine architectural » Le Phalanstère du Bois du Cazier

Le Phalanstère du Bois du Cazier

 

Suivez le site sur Facebook !

Suivez également le site sur Facebook, pour prendre connaissance des derniers sujets postés, et bien plus !

Orientation bibliographique sur ce sujet

Le Bois du Cazier : Marcinelle / Delaet, Jean-Louis ; Forti, Alain ; Groff, Francis. Bruxelles : Editions Labor, 2003. 135 p.
Les rues de Marcinelle / Clause, Louis. [s.l.] : [s.e.], [s.d.]. 138 p.

Contenu multimédia supplémentaire



Localisation


Derniers éléments ajoutés

Le Parc Bivort
A l’origine du parc, le maître-verrier Henry-Joseph Bivort, propriétaire des Verreries Bennert & Bivort, qui se fait ériger vers 1870 un château au cœur d’un parc de sept hectares. - Lire la suite...

Les deux tours du Château de la Torre
Le Château de la Torre se situait dans le coeur de Mont-sur-Marchienne. Il fut presque totalement démoli dans les années 1940 par un promoteur immobilier... - Lire la suite...

Charleroi en images, 1900-1945
En quelques clichés, Charleroi en cartes postales et images anciennes - Lire la suite...

Architecte de Charleroi : Auguste Cador
Auguste Cador est le grand architecte du XIXième à Charleroi. Sa longue carrière et sa riche production va marquer le territoire de Charleroi et de sa région. Mais Cador fut également le concepteur et propriétaire de l'Eden-Théâtre. - Lire la suite...

Marguerite, Marie et Jeanne, sorcières de Monceau
De 1592 à 1671, au moins six exécutions sur le bûcher eurent lieu à Monceau pour faits de sorcellerie. Parmi les victimes, Marguerite, Marie et Jeanne, présumées sorcières. - Lire la suite...

Les deux Zoé Drion
Au début du XIXième siècle, deux cousines éloignées, Zoé Louise et Zoé Pauline, voient le jour dans la région de Charleroi. L’une d’elle eut l’honneur d’avoir un boulevard baptisé de son nom. - Lire la suite...


Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les mineurs deviennent difficiles à recruter. La production de charbon a diminué de moitié entre 1939 et 1944. Les charbonnages ont souffert durant le conflit d’un manque important d’entretien, et les investissements conséquents pourtant nécessaires ont été peu nombreux dans l’entre-deux-guerres. Les charbonnages peinent à recruter de la main d’œuvre locale ; les belges se méfient de la sécurité dans les mines, et préfèrent se tourner vers d’autres secteurs d’activités.

Vue de la façade principale du phalanstère

La Belgique a cependant un besoin crucial de charbon pour entamer sa relance économique ; la « Bataille du charbon » est lancée. Malgré une campagne de réhabilitation du métier de mineur, les belges ne se bousculent toujours pas pour descendre dans les mines. Les autorités décident dès lors d’avoir recourt aux prisonniers de guerre allemands, toujours sur le sol belge ; début 1946, 52.000 prisonniers travaillent dans les charbonnages du pays. En 1947, les prisonniers sont libérés ; il est alors fait appel à de la main d’œuvre étrangère. Un protocole avec l’Italie est signé à Rome le 23 juin 1946, et confirmé le 20 avril 1947. L’Italie s’engage à envoyer en Belgique 50.000 travailleurs ; les premiers hommes arrivent rapidement en Belgique.

Si le travail ne manque pas pour ces nouveaux arrivants, la question du logement pose problème. Les mineurs italiens sont logés précairement, dans des baraquements précédemment occupés par des prisonniers russes et allemands. Devant ces piètres conditions de vie, de nombreux mineurs optent pour un retour rapide au pays. Les autorités et les charbonnages se doivent de trouver une solution afin de maintenir en fonction les mineurs à peine formés. Les logements individuels dans l’après-guerre font cruellement défaut ; la reconstruction des habitations détruites durant le conflit prend du temps, et les budgets alloués à cette fin ne suivent pas.

Les sociétés charbonnières tentent de mettre en place des structures permettant d’améliorer l’accueil et le quotidien des travailleurs. A Marcinelle, la « Société Anonyme des Charbonnages d’Amercoeur et du Bois du Cazier » décide la construction d’un phalanstère afin d’héberger les hommes venus seuls travailler en Belgique.

Vue de la façade principale du phalanstère

Les phalanstères sont des structures d’habitat destinées à accueillir les ouvriers célibataires sans points d’attache particuliers dans la région, si ce n’est leur travail. Des équipements collectifs y sont associés permettant d’améliorer le quotidien, tels qu’un restaurant, une buanderie, une salle de jeux, un jardin,…

Le phalanstère du Cazier est érigé à Marcinelle, rue de la Bruyère, à proximité des installations du charbonnage du Cazier, mais au vert, à la limite du bassin industriel carolorégien ; des bois et des prés sont à proximité immédiate.

Le site est inauguré le 6 janvier 1948 en présence de plusieurs personnalités, dont Marius Meurée, bourgmestre de Marcinelle, Jean Duvieusart, ministre des Affaires économiques, et Achille Delattre, ministre du Combustible et de l’Energie ; le consul d’Italie à Charleroi, Gino Pazzaglia, est également présent. Le Conseil d’administration de la S.A. des Charbonnages d’Amercoeur et du Bois du Cazier décide de lui donner le nom de « Home Joseph Cappellen », en hommage au Directeur Gérant du charbonnage. La S.A. n’a pas hésité à dépenser six millions de francs pour la construction et l’aménagement des lieux.

Jacques Cappellen et Louis Senters en sont les architectes ; la façade s’étire sur 49 mètres de longueur, sur 10 de largeur. Une statue de Sainte-Barbe, patron des mineurs, prend place au-dessus du porche principal.

Statue de Sainte-Barbe sur la façade principale du phalanstère

Outre les installations techniques, buanderie et caves, le sous-sol accueille une grande salle de jeux. Au rez-de-chaussée se situe la salle à manger et une buvette. Les chambres se situent dans l’aile droite du rez-de-chaussée, ainsi qu’aux premier et second étages. Le phalanstère comporte au total 47 chambres à deux lits, et 16 chambres à quatre lits ; sa capacité d’accueil est de 158 ouvriers. A son ouverture, les dîners sont servis au tarif de 29 francs ; le logement coûte 40 francs par semaine, et la pension complète 50 francs par jour.

Huit ans après l’ouverture du phalanstère, la Belgique connaît la plus importante catastrophe minière de son histoire ; le matin du 8 août 1956 au Bois du Cazier, un wagonnet mal engagé dans une cage sectionne des fils électriques et provoque un court-circuit : 262 mineurs perdent la vie. Plusieurs d’entre eux résidaient au phalanstère.

En avril 1957, l’extraction reprend au Bois du Cazier ; l’industrie charbonnière wallonne est cependant sur le déclin. Le Cazier entre en liquidation le 15 janvier 1961 et ferme définitivement en décembre 1967.

Entre-temps, les portes du phalanstère se sont également fermées. En 1966, l'Ecole Provinciale de Service Social du Hainaut prend possession du lieu. Dans un premier temps logé dans une annexe de la Maternité Reine Astrid à Charleroi, et ensuite dans un château à Châtelineau, l’établissement scolaire finit par s’implanter à Marcinelle, rue de la Bruyère. Il devient par la suite Institut provincial supérieur des Sciences sociales et pédagogiques (IPSMa / HEPH-Condorcet), et occupe toujours aujourd’hui le site.

 

Ancien phalanstère du Bois du Cazier
Rue de la Bruyère, 161
6001 Charleroi (Marcinelle)
Métro Pas de station de métro à proximité



Vous disposez d'informations complémentaires sur ce sujet ?
Partagez les !

  • Tous les champs doivent être complétés. Votre adresse e-mail ne sera pas publiée ;
  • Les commentaires ne sont publiés qu'après avoir été validés par le modérateur du site; un délai de quelques heures est donc parfois nécessaire avant que votre commentaire n'apparaisse sur le site. Les commentaires qui ne seront pas publiés seront définitivement supprimés.
  • Seuls les commentaires à valeur ajoutée seront publiés ; aucun commentaire à caractère discriminatoire ne sera publié.

 

Contact | A propos de ce site | Tous les sujets | A la recherche de documents... | Portail non-officiel sur Charleroi |© www.charleroi-decouverte.be 2007 - .... | Version 5
Licence Creative Commons
Charleroi Découverte! est mis à disposition selon les termes de la
licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.0 Belgique.