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Page : Page principale » Histoire d'une Ville » Un jour, dans l'Histoire de Charleroi » 1915-08-22 - Inauguration du Krieger-Denkmal Den Kameraden

22 août 1915 - Inauguration du Krieger-Denkmal Den Kameraden

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En août 1914, peu de temps après le déclenchement de la première guerre mondiale, des combats font rage dans la région de Charleroi. Les troupes françaises et allemandes s’y affrontent pendant trois jours, du 21 au 23 août. Les troupes impériales allemandes sortent glorieuses de l’affrontement, qui est aujourd’hui désigné sous le nom de « Bataille de Charleroi ». Le 23 août 1914 le bourgmestre de Charleroi Emile Devreux appose sa signature au bas du « Traité de Couillet », évitant la sorte la destruction de Charleroi. Les troupes allemandes se tiennent prêtent à bombarder la ville, si les autorités ne se plient pas aux conditions du Traité. Les exigences imposées par les allemands vont peser sur la population, désormais sous tutelle administrative allemande.

Victorieuses, les allemands édifient quelques mois plus tard sur les hauteurs de Couillet, face à la gare de Couillet-Montignies et aux usines Solvay, un monument de 200 tonnes en pierre à proximité immédiate du lieu où fut signé le Traité de Couillet, en contre-bas du domaine de Parentville. Les allemands souhaitent de la sorte immortaliser leur victoire dans la région et célébrer le passage de la Sambre en août 1914.

Le « Krieger-Denkmal » (Monument aux morts) est officiellement inauguré le 22 août 1915 ; de hautes autorités militaires allemandes prennent part à la cérémonie. Edifié à la mémoire des allemands tombés au combat, aucune sépulture ne se trouve cependant à proximité du monument. Avec le temps, le « Krieger-Denkmal » est également désigné par une simple mention gravée sur l’une de ses faces : « Den Kameraden ». Au sein de la population et dans la presse d’après-guerre, le site est identifié par des appellations moins solennelles : « monument boche », « bloc teuton »,…

Dès 1915, le monument s’élève sur le versant est de la vallée de la Sambre, face à Montignies-sur-Sambre ; de par sa position, impossible pour les usagers de la voie ferrée en contre-bas et par les véhicules qui empruntent la chaussée reliant Charleroi à Châtelet d’ignorer l’édifice. « Den Kameraden » s’intègre dans le paysage et devient un point de repère, symbole pour les uns de victoire, et pour les autres, d’oppression. Le monument marque les esprits ; René Magritte l’aperçoit à chaque fois qu’il se rend à Charleroi. En 1950, le peintre l’intègre dans son tableau « L'Empire des lumières II », aujourd’hui conservé au MoMA de New-York ; la silhouette sombre du monument trône en arrière-plan, dans l’ombre, surplombant des habitations.

Au lendemain de la guerre, la destruction de l’édifice est envisagée ; des particuliers prennent l’initiative de faire tomber le colosse, mais leurs tentatives s’avèrent vaines. Afin de prévenir d’éventuels accidents, les autorités couilletoises décident la destruction du monument.

Très symboliquement, deux années après l’armistice, le 11 novembre 1920 à 11 heures, le monument est dynamité en présence de nombreuses personnalités régionales, notamment du bourgmestre de Couillet Edmond Deschamps, du bourgmestre de Charleroi Emile Devreux, et du directeur des usines Solvay de Couillet, Ferdinand Bouriez ; ce sont les établissements Solvay qui fournirent la dynamite et le matériel nécessaire à la destruction.

Les journaux régionaux et nationaux relatent l’évènement ; quelques quotidien étrangers y font également référence : on peut lire dans « Le Figaro » du 13 novembre 1920 « A l’occasion de l'anniversaire de l'armistice, l'administration communale de Charleroi a fait sauter à la dynamite le monument allemand élevé au Couillet, pour commémorer la bataille de Charleroi, et qui avait déjà été l'objet d'une tentative de destruction ».

Les ruines sont laissées sur place ; au fil des ans, la végétation reprend ses droits et envahit le site. Les vestiges finissent par disparaître sous les arbres, et le monument sombre dans l’oubli. Très peu de documents témoignent de l’existence éphémère de ce Monument aux Morts allemands, tombés au combat dans la région de Charleroi. Il n’existe plus aujourd’hui que quelques écrits, cartes postales et photographies.

Le Centenaire de 14-18 permet de se souvenir de l’existence éphémère de ce monument situé aujourd’hui sur un terrain privé. Des visites sont organisées entre août et novembre 2014 par la Maison Du Tourisme Charleroi.
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