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La Porte de Waterloo

 

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Orientation bibliographique sur ce sujet

Monographie des rues de Charleroi : Histoire locale / Everard, Jean. Charleroi : Imprimerie Collins, 1959. 223 p.
Charnoy-village à Charleroi-métropole (De) / Hasquin, René-Pierre. Bruxelles : Labor, 1969. 382 p.

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Aujourd’hui, le rond-point dit de Waterloo est l’un des points principaux d’entrée dans la ville absorbant le trafic venant du nord et de l’est de Charleroi, se muant en cauchemar automobile en heure de pointe. Le lieu est le point de convergence de rues, de chaussées, de routes, du ring et d’une autoroute. Pour apporter petite une touche de complexité à sa structure souterraine, une station de métro est située sous le square et dispose d’une boucle de rebroussement.

Au milieu du XVIIième siècle pourtant, il n’y avait là et dans les environs que des bois, des champs et des prés. Le village de Charnoy se situait en bord de Sambre et était relié à ses hameaux par de petits chemins ; certains convergeaient vers le « grand chemin » qui reliait Mons et Namur et qui constituait l’un des axes majeurs de la région.

En 1666, les Espagnols fondent sur la Sambre une forteresse défensive pour protéger Bruxelles, capitale des Pays-Bas Espagnols ; le village de Charnoy disparait à jamais, et la citadelle de Charleroi domine désormais la Sambre et la vallée. La forteresse ne dispose alors que d’une seule porte, la Porte de Bruxelles, orientée vers le nord ; un chemin quitte la citadelle et se dirige vers le Brabant. L’année suivante, Charleroi devient française. Plusieurs puissances vont dominer successivement le lieu au cours des décennies suivantes. La forteresse prend de l’importance, puis fini par être démantelée par les français en 1748. La ville va à partir de ce moment connaître un développement industriel, notamment grâce aux octrois donnés par l’Impératrice Marie-Thérèse. La région prenant en importance, un réseau routier plus développé va apparaître. A la demande du Magistrat de Charleroi, Marie-Thérèse d’Autriche autorise par octroi du 6 juillet 1756 la construction d’une chaussée vers Namur, jusque Gilly. Ce nouveau chemin va prendre le nom de Chaussée de Namur, ou Grand’Rue de Namur, et va remplacer les anciens chemins qui sillonnaient à travers les campagnes pour relier Gilly à Charleroi. Cette nouvelle chaussée est rejointe peu avant son entrée dans la forteresse par un autre chemin, provenant de La Planche à Dampremy : ce chemin permettait de relier la chaussée qui se dirigeait vers Bruxelles et qui à cette époque ne s’aventurait pas encore aussi au sud qu’aujourd’hui.

Dans les environs de ce qui deviendra Porte de Waterloo s’installent des industries, et notamment des fosses à houille ; les chaussées commencent à être bordées par des habitations.

Au lendemain de la défaite de Napoléon à Waterloo, Charleroi devient Hollandaise. Les grandes puissances européennes décident de fortifier certaines positions pour protéger leurs frontières de la France et ainsi pouvoir facilement bloquer une éventuelle poussée française. Charleroi fait partie des villes qui redeviendront forteresses.

Le 3 septembre 1816 se déroule la cérémonie de pose de la première pierre des nouveaux ouvrages défensifs carolorégiens. Considérablement plus étendue que les forteresses précédentes, la citadelle dispose de cinq portes d’accès. Au nord, la Porte de Waterloo, dont le nom commémore la bataille qui permis la création d’un nouvel Etat : le Royaume des Pays-Bas. Cette porte était située plus au sud que le rond-point actuel, à l'intersection des rues Isaac et Lebeau. Son tympan néo-classique contenait des sculptures militaires : des armes, surmontées d'une couronne, puissance des Pays-Bas.

Certaines parties de la forteresse étaient plus sécurisées que d’autres ; c’est le cas d’une section donnant sur la Porte de Waterloo : au milieu de la rue Neuve, une grille de fer séparait la partie habitée et les installations militaires, qui s’étendaient de cette grille jusque la Porte. La nuit venue la Porte de Waterloo était fermée, comme les autres portes de la ville, empêchant les communications avec l’extérieur. Le grillage de la rue Neuve était également baissé pour protéger les casernes et le magasin à poudre.

Au Monument, à proximité de la Porte de Waterloo, se situait un puits destiné à la garnison ; une machine hydraulique actionnée par un tambour imposant s’y trouvait, permettant de remonter l’eau ; les militaires punis pénétraient dans ce tambour, et l’entrainaient tels des hamsters…

En 1867 paraît l’Arrêté royal prescrivant le démantèlement de la forteresse. Les travaux de démolition feront disparaître la presque totalité des ouvrages militaires ; Charleroi à ce moment était en manque de terrains à bâtir : le moindre hectare récupéré trouve rapidement une affectation ; dès lors, très peu de vestiges du passé militaire subsistent. La Porte ne fait pas exception : elle est condamnée à disparaître, et est rapidement démantelée. Les matériaux sont cependant récupérés par un particulier de Montigny-sur-Sambre qui les intègre dans un bâtiment ; des éléments de la Porte de Waterloo deviennent ainsi une porte cochère, située au numéro 33 de la rue Petite Aise. Deux bornes numérotées provenant également de l'ancienne Porte de Waterloo sont ajoutées de part et d’autre de la porte cochère ; ces éléments, tout comme la Porte, sont aujourd'hui classés. Dans les années 90, il fut question de racheter ces vestiges et de reconstituer une porte au centre du Square Hiernaux en mémoire du passé militaire de Charleroi ; le projet cependant n’aboutira pas.

Le démantèlement de la forteresse laisse des dizaines d’hectares vierges autour du centre-ville. Si les autorités développent les projets pour réunir par de grands boulevards les différents quartiers de la ville, la plaine de Waterloo reste vierge encore longtemps.

En 1870 est inaugurée la « Station de la Porte de Waterloo », ou « Gare de Charleroi-Nord ». Cette station se situait à proximité du Square Hiernaux actuel. Cette gare n’était qu’une gare de transit, sans prestige, pour passagers et marchandises à ses débuts. Elle se situait sur la ligne de train Lodelinsart-Châtelet (140A), ouverte en 1862. Un passage à niveau, souvent fermé, provoquait de nombreux embarras de circulation entre les quartiers de Charleroi. Ce lieu marqua pendant longtemps la limite entre la ville bourgeoise et les faubourgs populaires.

Seule la plaine de Waterloo permet encore à la ville de se développer ; c’est donc naturellement à elle que les autorités pensent lorsqu’il faut trouver de vastes terrains capables d’accueillir l’Exposition Internationale de 1911 ; cette Exposition lança véritablement le début d’urbanisation du quartier.

La gare du Nord connu un trafic voyageur jusqu'en 1914, après quoi, il ne sera plus que de marchandise uniquement. Prévue dans le cadre des Grands Travaux de Charleroi dans les années 30, la suppression de l'ancien passage à niveau et son remplacement par un viaduc est effective lors de l'inauguration du Viaduc de la Porte de Waterloo le 20 décembre 1931 ; la suppression du passage permet une refonte et le développement du quartier.

En bordure immédiate de la ligne de chemin de fer, donnant sur la Grand’Rue, le puits numéro 12 des charbonnages du Mambourg. Désaffectés, ils font place le 17 février 1962 à la Clinique Notre-Dame. En face, la Vigie de l’Université du Travail date du début des années 1950 ; elle est l’un des premiers véritables buildings de Charleroi.

La ligne ferroviaire Lodelinsart-Châtelet disparaît plus tard. La section Charleroi-Nord-Lodelinsart est abandonnée en 1950, et le reste de la ligne en 1962, excepté le tronçon entre Châtelet et l'embranchement industriel vers le Roctiau ; il ferme lui-même en 1988. L’ancienne ligne ferroviaire traversant la ville, sa réaffectation ne se fait pas attendre. La section nord accueille l'autoroute A54, et la section sud-est est réaménagée pour accueillir une antenne du métro léger vers Châtelet.

Le site de la « Porte de Waterloo » est totalement réaménagé lors des travaux du petit ring de Charleroi et du percement du tunnel du métro léger dans les années 70/80. Ces travaux permettent notamment la création d’un vaste rond-point entre la ville et le Faubourg, ainsi que l’aménagement d’un nouveau parc urbain de 3,5 hectares : le Parc Hiernaux.

Dans un premier temps dénommé « Nord » vu sa situation géographique, la nouvelle station de métro prend finalement le nom de « Waterloo ». Cette station est l’une des plus complexes du réseau : outre la boucle de rebroussement, la configuration des lieux place le quai de la station à un niveau supérieur par rapport à celui du hall des guichets où aboutissent les voyageurs venant de l’extérieur. Même si la station est décorée d’oeuvres d’artistes renommés de la région, il est dommage qu’un clin d’œil au passé et qu’une référence à la Porte de Waterloo ne s’y retrouvent pas.

Au centre du Square Hiernaux se dresse depuis 1988 une statue du Marsupilami, installé temporairement, puis définitivement, dans le cadre du festival BD Charleroi-Images. Un temps menacé de devoir déménager pour cause de reconstitution de la Porte de Waterloo, le Marsupilami ne verra pas le projet de reconstruction se concrétiser. La valorisation de ce patrimoine serait néanmoins un plus pour le patrimoine carolorégien, à quelques dizaines de mètres seulement de son emplacement originel.

 

Quartier de la Porte de Waterloo
Square Jules Hiernaux
6000 Charleroi
Métro Waterloo



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