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Yvonne Vieslet

 

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Orientation bibliographique sur ce sujet

La Royale Feuille d'Etain de Marchienne-au-Pont / Daubanton, Claude. Marchienne-au-Pont : Oberlander, 1984. 179 p.

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Le monument à Yvonne Vieslet à  Marchienne-au-Pont La tombe d\'\Yvonne Vieslet, située dans le Carré militaire des Anciens Combattants du cimetière de Monceau-sur-Sambre
Le monument à Yvonne Vieslet à  Marchienne-au-Pont Le monument à Yvonne Vieslet à  Monceau-sur-Sambre


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Durant la première guerre mondiale, un mois seulement avant la fin du conflit, se déroule à Marchienne un évènement tragique qui laisse encore aujourd'hui des traces dans la mémoire des habitants de Marchienne-au-Pont et de Monceau-sur-Sambre. Les faits furent relatés dans divers ouvrages, et enseignés aux enfants de la région. Néanmoins, différentes versions existent, et la réalité sans doute quelque peu modifiée, faisant d'Yvonne Vieslet une martyre, héroïne de la première guerre mondiale.

Au début du conflit, la région de Charleroi est particulièrement touchée par la violence et la brutalité des conflits. Le 22 août 1914, Charleroi est en feu ; des dizaines d'immeubles ne sont plus que ruines. De nombreux citoyens furent fusillés, des maisons incendiées, des magasins vandalisés et des industries démantelées pour être rebâties en Allemagne. Dans cette atmosphère de crainte, les habitants se réfugient dans les quartiers les moins sinistrés. Des Ateliers Germain sis route de Trazegnies à Monceau furent déportés de nombreux travailleurs carolorégiens vers l'Allemagne.

La famille Vieslet, Emile Vieslet, Adelina Van Poeck, ainsi que leurs deux enfants Simone et Yvonne, est installée dans la région. Yvonne fréquente l'école communale de Monceau, dans l'actuelle rue des Combattants. Son père travaille à l'Auto-Métallurgique, situé rue de Châtelet, dans la commune voisine de Marchienne-au-Pont. Les écoles distribuent alors quotidiennement une couque à chaque élève, grâce à l'intervention de comités de secours. Certaines familles sont totalement démunies et cette aide, à l'approche de l'hiver, est plus que la bienvenue.

Le 12 octobre 1918, Yvonne quitte l'école et accompagne sa mère ; elles apportent ensemble son repas à Emile Vieslet. Arrivées route de Châtelet, un bon kilomètre plus loin, elles passent devant le Cercle Saint-Edouard, en bord de Sambre. Dans la cours du Cercle sont rassemblés des soldats français, gardés par des soldats allemands. La fin de la guerre est proche, et les allemands sentent que la défaite est proche ; l'atmosphère est tendue, les soldats français sont épuisés et affamés. Priorité est donnée aux allemands pour s'alimenter.

Plusieurs passants observent la scène, personne n'ose s'approcher suite aux injonctions des allemands. Une sentinelle tient son fusil sous le bras, comme avertissement. Les faits relatés renseignent qu'Yvonne, qui n'est toujours qu'une enfant, s'approche et lance sa couque aux prisonniers. Le soldat tire : la balle touche Yvonne grièvement. Quatre autres personnes sont également blessées. Yvonne est rapidement transportée dans une maison du voisinage, et ensuite transférée à l'hôpital civil de Marchienne où elle décède le lendemain à 11h, soit presque 24 heures après les faits. La chambre dans laquelle elle est décédée

lui fut par la suite dédiée.

Claude Daubanton, dans "La Royale Feuille d'Etain de Marchienne-au-Pont", relate ces faits, sous un autre angle, basé sur les dires d'un témoin. Une certaine tension régnait sur place. Derrière la grille du Cercle, une sentinelle surveillait des prisonniers situés une trentaine de mètres plus loin ; de l'autre côté de la grille, sur la chaussée, un petit groupe de personnes observe. L'un des membres du groupe lance derrière les grilles une miche de pain, qui atterit dans la cour, entre la sentinelle et les soldtas français ; un prisonnier tente de récupérer le pain, mais il est refoulé par la sentinelle de manière violente. La tension monte, et certains passants invectivent l'allemand. Pour tenter de calmer la foule, le soldat allemand met baïonnette au canon ; la foule ne se calmant pas, il tire à un moment un coup à l'aveugle à travers la grille en direction de la rue. La balle atteint Yvonne. Selon les témoins de cette version, jamais Yvonne n'a tendu sa couque aux prisonniers français ; les faits qui se sont déroulés ont été relatés après guerre de manière orientée. Le soldat auteur du geste aurait demandé à son frère à sa mort de retourner sur les lieux pour s'excuser de son geste auprès des Vieslet.

Yvonne Vieslet est inhumée dans le cimetière de Monceau-sur-Sambre dans une simple tombe. Il faudra attendra la fin de la guerre pour que différents hommages lui soient rendus : son corps est transféré à l'entrée du Carré d'Honneur où reposent les anciens combattants ; une sculpture sur sa tombe commémore son action. Elle reçoit le 11 septembre 1919 la médaille de la Reconnaissance française par le Président de la République française, Raymond Poincaré. Une plaque commémorative est apposée à l'entrée de son école un an jour pour jour après le drame. Un monument est érigé à Marchienne devant le Cercle Saint-Edouard ; il est inauguré par la Princesse Marie-José le 1er juillet 1928. Ce même jour, la Princesse dépose une décoration sur sa tombe. Une rue perpendiculaire à la rue de Châtelet proche du lieu du drame est renommée rue Yvonne Vieslet. Enfin, différents bâtiments et structures communales sont baptisées de son nom, notamment un athenée ou encore une crèche.

La plaque commémorative apposée à l'école d'Yvonne ainsi que le monument sis à Marchienne furent enlevés durant la deuxième Guerre mondiale par les allemands. Après la guerre, les populations des communes de Marchienne et Monceau se mobilisent pour restaurer ces deux monuments. Une souscription publique est notamment lancée, et de nombreux habitants, de simples particuliers jusqu'aux Ministres et au Roi, participent à la récolte de fonds. Le monument de Marchienne se dresse à nouveau devant le Cercle Saint-Edouard. En 1956 est inauguré un nouveau monument à Monceau-sur-Sambre, rue Ferrer. La statue de la rue Ferrer représente Yvonne tendant sa couque à travers la grille de l'école, veillée par la Conscience. Le 12 février 2007, la statue d'Yvonne, coulée dans du bronze, est dérobée par des trafiquant de métaux ; il ne reste du monument que la grille et la statue symbolisant la Conscience. En 2009, grâce à l'intervention du comité de quartier et de la ville, une nouvelle statue à l'identique est commandée au gosselien Fabrice Ortogni. La nouvelle statue d'Yvonne, en polyester, est inaugurée le 16 juillet 2010 ; la Conscience retrouve sa moitié moncelloise.

Le nom d'Yvonne Vieslet a sans doute tendance aujourd'hui oublier peu à peu. Cependant, les monuments et les différentes structures portant son nom continuent d'honorer sa mémoire.

 

Cimetière de Monceau-sur-Sambre
Rue Alice Bron, Rue Pierre Hans
6031 Charleroi (Monceau-sur-Sambre)
Métro Pas de station de métro à proximité



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Roba



Mon December 19, 2016
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"Sans conteste un crime de guerre'?????,une enfant atteinte malencontreusement par une balle perdue? Si je vous suivais, les centaines de civils carolorégiens tués involontairement par les bombes de l'aviation anglo-saxonne lors des bombardements massifs (et souvent inutiles) de 1944 seraient des victimes de crimes de guerre...A-t-on assigné les USA pour indemnisation?

annie Cancelier



Wed May 25, 2016
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Souvenir d'enfance ,
Sans faire d'histoire perso, j'aurais pu faire pareil .
je suis en pays de résonance.
A la fois dans la tristesse , la souffrance , et le bonheur du don .

Jean-Marie Hoornaert



Sat January 16, 2016
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La légende est tellement belle. Et pourtant, si la vérité historique (à creuser) ne correspondrait pas à l'hagiographie, il reste l'histoire d'une fillette innocente tuée par ce qui est sans conteste un crime de guerre… Rien que cela mérite les nombreux monuments.

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